Que se passe-t-il pour que, quelques années plus tard, ils en soient rendus à penser à la séparation? Pourquoi n'ont-ils pas été capables de maintenir leur satisfaction et leur engagement ? Peut-on identifier des différences entre les couples qui réussissent à vivre heureux ensemble et ceux qui y échouent? Y a-t-il des facteurs qui sont prédicteurs du succès ou de l'échec des relations ? Des recherches ont récemment posé cette dernière question.
Ces recherches qui ont duré quelques années ont suivis plusieurs couples dans différentes caractéristiques de leurs relation. Après quelques années, alors que les couples peuvent se diviser en deux groupes, ceux qui se sont séparés ou se considèrent malheureux et ceux qui sont satisfaits de leur relation, on vérifie si l'appartenance à ces groupes est reliée aux caractéristiques observées au début de la recherche, plusieurs années auparavant. Aurait-on pu prévoir quels couples allaient se séparer ?
Résultat étonnant, ils ont constaté que les aspects positifs d'une relation qui débute tels que le niveau d'engagement, d'harmonie sexuelle, d'intimité, de satisfaction, etc. ne permettent pas de prédire les probabilités de succès d'une relation. Ce qui semble prédicteur par contre, est la façon dont les couples réagissent aux divergences et aux conflits lorsqu'ils se présentent.
"Pour tous les couples, des différences et des conflits apparaissent inévitablement. Ils doivent décider où vivre, comment diviser les tâches, comment gérer l'argent, quelle carrière privilégier, comment répartir leur temps de loisir, personnel et avec la famille, etc.. Les différences dans les goûts, les besoins, les priorités et les idées entre les partenaires amènent des conflits d'intérêts souvent difficilement conciliables. Ce n'est pas le fait d'avoir des conflits qui est prédicteur d'échec, ni le nombre, ni les domaines de conflits. Les couples heureux après plusieurs années ont aussi des sujets de mécontentement, des conflits non résolus et des discussions parfois pénibles. Mais chez les couples qui se retrouvent séparés ou insatisfaits, on observe beaucoup plus fréquemment certaines façons négatives de réagir aux conflits qui s'avèrent néfastes. Elles enclenchent une escalade où tout est interprété de façon de plus en plus négative. Les pensées et les sentiments négatifs envers l'autre deviennent envahissants au point que, dans le quotidien, les aspects positifs de la relation perdent du terrain. Il ne reste plus beaucoup d'amitié, c'est-à-dire de respect et de plaisir d'être ensemble .
L'échec des relations conjugales serait ainsi dû à l'érosion des aspects positifs exercée par les comportements négatifs. Selon plusieurs chercheurs, un acte négatif contrebalancerait plusieurs actes positifs (faire une activité ensemble, faire l'amour, etc.). C'est ce qui ferait que les aspects positifs qui ont amené les partenaires à être ensemble et qui alimentaient leur satisfaction dans les premiers temps ne permettent pas de prédire le succès de leur relation."